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"Continuant le geste du Christ Serviteur, au nom de notre humanité commune, nous voulons nous laisser atteindre par les situations de détresse que vivent tant de nos contemporains : nous rendre proches, nous laisser transformer par eux et être acteurs avec eux pour l’avènement d’un monde juste et solidaire." (Religieuses de l’Assomption, Projet de le Province de France 2016-2018) 

 

Depuis 2015, l’équipe solidarité de la Province travaille sur les projets qui se vivent au niveau local : projets de communauté ou engagements de sœurs dans des structures existantes. Plusieurs journées de formation et d’échanges ont été organisées ces deux dernières années et l’idée a commencé à germer d’une action concrète pour accompagner toujours au mieux ces processus.


Pauline JaricotÀ la recherche des invisibles

Où sont-elles donc ces personnes qui il y a dix ou trente ans étaient en responsabilité dans nos églises ? Chefs de chorales, sacristains ou sacristines, catéchistes émérites ?  Nous ne voyons pas de plaque à leur nom dans les cimetières, où se cachent-elles ?

Les découvrir est une gageure… Les visiter dans nos « barres » de ciment de Bondy, les pavillons, au fond d'une impasse, au bout d'un jardin...les multiples EHPAD et maisons de retraite… C’est à cela que va s’appliquer la nouvelle équipe du Service Évangélique des Malades de la Paroisse St-Pierre-St-Louis de Bondy. Notre équipe multiculturelle (Congo-Guadeloupe-Guyane-Côte d’Ivoire-Sénégal-Angola-France) passée en quelques jours de cinq à huit s’y applique et les découvertes sont merveilleuses. Nous vous en dirons plus une prochaine fois. 

Sr Jeanne Marguerite - SEM - St-Pierre de Bondy 

 "Ces tisons ardents qui isolés dépérissent, il suffira de les rapprocher pour qu'à nouveau un feu s'enflamme !", faisons-en des "Veilleurs Missionnaires" pour porter dans la prière l'Église et le Monde, selon l'intuition de Pauline Jaricot.

Pauline Jaricot a contribué au renouveau missionnaire, en inventant l'oeuvre de la Propagation de la Foi, devenue aujourd'hui les Œuvres pontificales missionnaires, pour collecter des fonds et soutenir la mission.

Jeune fille du XIXe issue d'une famille de riches industriels lyonnais, Pauline Jaricot connaît à 17 ans une conversion fulgurante. Elle invente le Rosaire vivant qui rassemble à sa mort 2 millions de personnes priant tour à tour les mystères du rosaire...

 


Témoignage de soeur Théonisa après quelques jours à Calais

Sr Théonisa a été envoyée au mois de juillet pour quelques jours à Calais, au Secours catholique. Elle nous partage ici quelques-unes de ses impressions.

IMG 4562Le 23 juillet, Mariam vient me chercher à la gare. Je voulais prendre le bus 3...

- « Pourquoi ? » me dit-elle

- Pour arriver chez vous, sans vous déranger puisque vous avez déjà commencé votre journée !

- Surtout ne bouge pas. Je viens te chercher !

C’est peut-être cela l’hospitalité, l’accueil. Je viens te chercher : je descends de là où je suis, pour venir te rencontrer, là où tu es.

À Calais, j’ai vécu beaucoup de rencontres, des rencontres qui n’ont duré que quelques heures, le temps d’un regard, d’une chanson, d’un repas… Et pourtant des semaines plus tard, leurs visages sont encore présents en moi… Visages empreints d’une profonde tristesse, visages meurtris par les situations de tension…

« Pitié pour moi, Seigneur, car je suis abattu,temoignage

Guéris-moi, ô Seigneur, mes os sont terrifiés,

Mon âme est en profond effroi.

Et toi Seigneur, jusques à quand ? » (Ps 6, 3-4)

Quitter son pays, faire confiance, espérer…

Nous sommes tous de passage sur cette terre…

Alors comme nous y invitait Mgr Matteo Zuppi, osons « créer des liens vrais, des relations directes car la vraie identité est relationnelle, elle sait dialoguer avec les autres ».

 


Maraudes dans les rues de Paris

Soeur Christine BertouxDepuis le mois de juin 2017, Soeur Christine Bertoux fait partie du groupe "Maraudes" de la paroisse Saint Honoré d'Eylau, à Paris, dans le XVIe arrondissement. Christine nous donne son témoignage.

Comment en es-tu arrivée à faire cette démarche ? 

J'étais à la messe de 11 h à l'église Saint-Honoré-d'Eylau, où je me rends chaque dimanche. A la fin de la messe, le prêtre informait l'assemblée de la distribution de tracts pour ceux et celles qui seraient intéressés de rejoindre le groupe des "maraudes". Je me suis sentie appelée à répondre à cette invistation. La semaine suivante était programmée la première réunion pour les nouveaux "maraudeurs". Je m'y suis rendue.

Comment se déroulent les maraudes ?

Elles ont lieu le mardi, par équipes constituées de trois bénévoles. Nous nous réunissons à 20 h dans la salle de la paroisse. Nous préparons un thermos de café et un autre de thé. Les soeurs de Bethléem, dont le monastère est place Victor Hugo, préparent de leur côté deux thermos de soupe, ainsi que des sachets de madeleines.

Pour nous préparons aussi gobelets, cuillères, sucre, sel, et tout cela dans nos sacs à dos, et en route pour la grande rencontre avec les SDF du secteur. Nous sillonnons au moins 6 à 7 km dans la soirée. S'il n'y a pas de problèmes, nous sommes de retour à la paroisse vers 22 h afin de laver le matériel et remettre les affaires à leur place.

Nous sommes les "maraudeurs de terrain". Je veux dire par là que nous rencontrons les personnes, échangeons avec elles et leur demandons ce dont elles ont besoin comme vêtements, voire aussi de soins. Si c'est le cas, nous contactons les responsables des maraudes, qui eux préviennent des acteurs professionnels en charge de la solidarité au niveau municipal, social, associatif et qui se déplacent auprès de ces personnes qui vivent dans la rue.

Que retires-tu de cette expérience ?

Cette expérience me fait réfléchir. Oui, les pauvres nous évangélisent. Ce que nous avons vu avec mon groupe, c'est que nous étions heureux de le faire et que cette joie a été forte.

Nous avons remarqué aussi que les personnes rencontrées ne demandent que ce qui leur est nécessaire, elles n'accumulent pas ce que nous leur proposons, ne font pas de réserves.

Parfois, les personnes, voyant ma croix de congrégation, me montrent la leur, et leurs médailles ; il y en a qui en ont beaucoup ! Un jour, j'ai demandé à l'une d'entre elles si elle n'était pas trop seule, et elle m'a répondu en me montrant sa croix : " Il est toujours avec moi !"

Une autre fois, son ami avait des ulcères à l'estomac et n'était pas bien, il me dit en me montrant aussi la croix : "Lui, il a eu l'ulcère de l'humanité."

Voilà trois maraudes que j'ai faites, cela m'a fait beaucoup réfléchir : ma relation à Dieu, ma relation aux autres, ma relation aux choses... Pour moi, c'est une action de grâce pour tout ce qui m'est offert.


A la Maison de Marie, à Bordeaux

Soeur Françoise, de la communauté de Bordeaux, nous parle de son action au sein de la Maison de Marie.


Cours de français aux étudiants étrangers

Soeur Catherine et soeur Myriam (Lyon - La Guille) témoignent ici de leur action au sein de l'association Coup de Pouce Université (CPU), offrant des cours de français aux étudiants étrangers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'expérience en Afrique de soeur Anne-Bernard

sr Anne BernardSoeur Anne-Bernard a passé 45 années dans différentes communautés de l'Assomption en Afrique de l'Ouest et Afrique centrale. Pour elle, la solidarité est un "idéal d'incarnation". Etre "envoyée par Jésus-Christ dans un peuple qui n'est pas le mien mais qui est devenu le mien". Son quotidien lui a permis d'expérimenter cette phrase de l'Evangile : "Mangez ce que l'on vous donnera". On se laisse nourrir par ce que nous apporte l'instant présent après avoir dépassé la barrière du questionnement et des préjugés qui nous écartent des autres. Le coeur grand ouvert face à des manières d'agir et penser qui diffèrent des nôtres, "on peut comprendre, saisir beaucoup de réactions". Le rapport au deuil est un aspect qui l'a profondément marquée. Quand dans nos cultures européennes nous serrons les personnes éplorées dans nos bras, nous leur parlons, il s'agissait là-bas d'accompagner en silence. D'essuyer les larmes en passant symboliquement la main sur leur visage, comme une caresse. De les laisser danser, et pleurer.

Parmi ses missions lors de ce presque demi-siècle en terres africaines, soeur Anne-Bernard s'est occupée des jeunes en échec scolaire. La solidarité était alors de "redonner confiance à ces jeunes, confiance en leurs dons", afin qu'ils puissent abattre les murs les empêchant de trouver leur place dans la société, dans leur vie. Touchée, elle se souvient d'une jeune fille de 16 ans atteinte de poliomyélite, qui ne pouvait marcher et voyait ses perspectives d'avenir terriblement réduites. Avec les soeurs, qui l'ont conduite à l'opération et à la rééducation jusqu'à ce qu'elle puisse se servir de ses béquilles, elle et sa famille ont pu prendre conscience des possibles auxquels ils s'étaient fermés par la fatalité de cette maladie. Quelques années plus tard, devenue mère, la jeune femme menait sa vie, s'était construite. 

De retour en France en 2009, soeur Anne-Bernard a continué son action. Aide scolaire, accompagnement des migrants, cours d'alphabétisation. "Etre au plus près des personnes pour les aider là où elles en sont." Elle considère qu'"oeuvrer pour la justice entre les peuples passe par un engagement concret". Un engagement qui va évoluer au fil du temps et de nos expériences, qui va gagner en nuances car nos jugements se modifient et nous portent autrement. "S'adapter au monde tel qu'il est. Rester soi-même en entrant dans la culture de l'autre, dans le sens profond de ce qui est vécu pour le comprendre sans le juger."

 

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