Retour d’expérience : 2 ans de vie autour d’un projet de colocation Laudato si’ avec les sœurs de l’Assomption.
Pendant deux ans, Aristide Guerin a partagé le quotidien de la colocation Laudato si’ à Lyon, aux côtés des sœurs de l’Assomption. Il revient sur cette expérience de vie collective, où les rencontres, la contemplation de la création et la vie spirituelle ont nourri son cheminement.
Quelques mois avant que j’intègre la colocation, je rencontre, par hasard, une connaissance qui me parle du projet de coloc. Elle me lance, en rigolant : « Ça te dirait de vivre en coloc dans une maison à la Croix-Rousse avec des sœurs ? » Quelques minutes auparavant, je venais de dire à ma précédente colocataire que je cherchais un lieu de vie avec du vert et un projet de vie collective plus appuyé. À la fois très surpris de la proposition et certain qu’elle me convenait, j’ai répondu : « Oui, cela m’intéresse.»
Je suis arrivé au sein de la colocation Laudato si’ en septembre 2024. C’était la création de cette nouvelle manière d’habiter, pour la communauté religieuse et pour nous, jeunes pros. Rapidement, nous avons expérimenté le pilier de la relation à l’autre. Nous avons appris à connaître l’autre, à l'accueillir avec son rythme, ses besoins et ses habitudes. J’ai participé à faire la cuisine pour les repas de colocs du lundi soir. J’ai aussi pris le temps de partager des repas du midi en plus petit comité. Partager le repas rassemble et crée du lien. En colocation entière, nous avons également passé du temps à définir nos règles de fonctionnement inspirées par la théorie de la gouvernance partagée, le savoir-faire et l’expérience de vie en communauté des six sœurs.
Dès que je suis entré dans cette maison, j’ai ressenti de la sérénité. Ce sentiment se poursuit dans le jardin. C’est grâce à cet espace de verdure que j’ai pu expérimenter au quotidien le pilier de la relation à la création. Nous avons organisé des après-midi jardinage pour permettre à chacun de mettre les mains dans la terre. Nous avons accueilli des poules et leur avons construit un poulailler. Mes plus beaux moments restent ceux, au matin, à observer par la fenêtre : geai des chênes, magnolia en fleur, pic vert, pic épeiche, rosiers en bouton, écureuils… toute cette vie appelle à la contemplation. Quelle joie de pouvoir admirer la création depuis sa fenêtre !
Partager le quotidien avec les religieuses de l'Assomption, c’est avoir accès à leur manière de vivre, être témoin des multiples choix qui font d’elles des religieuses. Petit à petit, j’ai questionné mes propres choix au regard de ce que je vivais et j’observais d’elles. J’ai grandi dans ma relation à moi-même. J’ai travaillé l’écoute de soi et accordé plus d'importance à la relecture de ma vie. J’ai intégré l’importance de la discipline, non pas celle qui nous dit bêtement de suivre la consigne, mais celle qui nous fait grandir parce que l’engagement que nous avons pris pour nous est bon, bien qu’il soit soumis à l’épreuve. J’ai affiné ma manière de discerner. Je crois que cette expérience a participé à m'ancrer dans la vie.
Pour finir, comment ne pas explorer sa relation à Dieu au sein d’une communauté religieuse ? Je suis arrivé avec des questions sur ma foi, une relation avec la religion catholique parfois conflictuelle. La découverte de la prière quotidienne m’a rapproché de ma foi. J’ai mis du sens sur les psaumes, sur le calendrier liturgique. Nourri par le témoignage de foi quotidien des sœurs, j’ai trouvé du sens, j’ai accepté ma foi.
Merci aux religieuses de l’Assomption de m’avoir ouvert la porte de leur maison durant 2 ans.

